Ce cours propose une approche littéraire, historique et multimédia du génocide des Tutsis au Rwanda (1994), en interrogeant les modalités de sa représentation dans la littérature et le cinéma francophone. Face à une violence extrême et un trauma collectif souvent qualifiés d’« indicibles », comment écrire, raconter et visualiser le génocide sans trahir l’expérience des victimes ni esthétiser la souffrance ? Quelles stratégies narratives, poétiques et filmiques sont mobilisées pour dire le trauma, la mémoire du génocide et la possibilité (ou l’impossibilité) de la réconciliation ?
Dans un premier temps, le séminaire fournira les bases nécessaires à la compréhension du contexte historique, politique et mémoriel du génocide, ainsi que des enjeux de la mémoire post-génocidaire. Nous aborderons ensuite des questions théoriques et éthiques liées à la représentation de la violence extrême, du témoignage des réscapé·e·s à la fiction. Les études de cas qui nous permettront d’interroger le passage du trauma individuel et collectif à des formes narratives et visuelles de (post-)mémoire et de réconciliation porteront sur un corpus varié de textes testimoniaux et fictionnels écrit par Esther Mujawayo (Rwanda), Boubacar Boris Diop (Sénégal), Véronique Tadjo (Côte d’Ivoire) et Gaël Faye (France / Rwanda). Ces lectures seront complétées par l’étude de films de Raoul Peck (Haiti), Philippe Van Leeuw (Belgique), Joël Karekezi (Rwanda) et François Woukoache (Belgique / Cameroun).
A l’issue du séminaire, les étudiant·e·s seront en mesure de (1) comprendre le contexte historique et mémoriel du génocide des Tutsis en 1994 ; (2) analyser les stratégies narratives et esthétiques mobilisées face à l’« indicible » ; (3) réfléchir de manière critique aux enjeux éthiques de la représentation de la violence génocidaire ; (4) développer leurs compétences d’analyse de textes littéraires et de films en langue française.
Le cours a généralement lieu une fois par semaine, et est complété par une séance plus longue de cinq heures le vendredi matin, probablement en juillet.