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Allah n’est pas Obligé, Kourouma et la Francophonie

Rezension von Nelson Sindze Wembe anlässlich des "Mois de la Francophonie"

Le 2 mars 2026 sortait en salle en France Allah n'est pas obligé, film réalisé par Zaven Najjar qui raconte la vie d'un enfant-soldat pris dans la stupidité des guerres de pouvoir, qui ne comprennent pas toujours l'importance de la protection des enfants.

La sortie de ce film en mars coïncide avec le mois de la Francophonie — une coïncidence d'autant plus significative que le film est basé sur le roman éponyme d'Ahmadou Kourouma, publié en 2000. Vingt-six ans plus tard, l'œuvre passe à l'écran sous forme de dessin animé, une manière d'honorer ceux qui ont inspiré Kourouma : les enfants soldats.

Si l'importance du roman réside dans sa thématique à la fois pertinente et dérangeante sur la violence faite à l'enfance, c'est aussi sur le plan linguistique qu'il faut célébrer le génie de Kourouma. Connu d'abord pour Les Soleils des Indépendances, il reçoit le Goncourt des lycéens et le Renaudot grâce à Allah n’est pas obligé, qui œuvre à la fois à une expansion de la langue française et à un décentrement de celle-ci loin de la métropole française. En effet, comme le petit Birahima (personnage principal du roman) lui-même l'indique, le roman est un espace d'expression du français d'Afrique — un Français qui mêle tournures africaines, francisation de mots locaux et africanisation du français, et qui ne se retrouve pas toujours dans le Larousse ou le Petit Robert, mais qui permet une communication vivante dans des régions qui ont su se réapproprier une langue autrefois imposée.

En ce mois de la Francophonie, la sortie au cinéma d'Allah n'est pas obligé nous rappelle ainsi comment la resémantisation, la francisation des mots africains et l'africanisation du français participent pleinement à ce concert d'échange et d'enrichissement que représente la Francophonie — créant réellement ce fameux « carrefour du donner et du recevoir » tant défendu par l'un de ses chantres : Léopold Sédar Senghor.

Pour ce mois, en attendant que le film traverse la frontière française et visite nos salles de cinéma en Allemagne, je recommanderais de lire ou relire Ahmadou Kourouma, afin de puiser dans le génie d'un auteur porte-étendard de la Francophonie.

Buchcover mit Teetasse